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Greg v
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Alain Brumont

Messagepar Greg v » 09 oct. 2016 21:29

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2016/10 ... lence.html


Comme un créateur de mode il parle de la matière première, celle qui lui est nécessaire. La terre, les galets, l'air froid du matin, les éléments, et une trilogie à jamais mariée, comme une signature nécessaire pour porter ses vins au plus haut niveau : la vigne, le pâturage et les bois. La technologie est venue après, et elle a conforté ses intuitions. Mais n'a pas bousculé les fondamentaux de la méthode Brumont. Une méthode qui se base sur un profond respect de la nature («Regardez, là, vous avez 300 tonnes d'un engrais naturel, le compost des montagnes de Barèges», explique le Gersois Alain Brumont en montrant les Pyrénées toutes proches), un soin particulier porté aux raisins, travaillés à la manière d'un orfèvre.

Ici, les 300 hectares sont vendangés à la main, le nombre de grappes est soigneusement évalué pour chaque pied selon le type de cuvée, en ne dépassant pas neuf («ainsi, on ne fatigue pas la vigne», souligne Alain Brumont»). Ces mêmes grappes sont ensuite sculptées au plus fort de l'été pour donner toute sa chance au fruit. Et la vendange manuelle ne prendra que les bonnes grappes. Avec, pour la cuvée majesté, «La Tyre», un passage sur le ban d'une trieuse optique qui ne sélectionnera que les bons grains...


La terre, mère nourricière

Bien sûr il y a les secrets de la méthode, mais il a toujours partagé pour tirer les vins du Sud-Ouest vers le haut. Il y a d'abord ce profond respect qu'il voue à la terre. Tous les jours ou presque, il est le premier à la vigne. En connaît tous les coins et recoins, tous ses secrets. Il s'arrête, gratte le sol, montre les galets comme un chercheur d'or qui a trouvé sa pépite. Un peu plus loin, il regarde les arbres, grands chênes qui veillent comme des vigies sur ses protégés. Un des secrets ? Des galets en profondeur, une argile rouge. et un savoir-faire porté à bout de bras au début, mais qui a fait sa force, sa notoriété et aujourd'hui sa légende.

«Je me souviens quand j'ai commencé, je suis arrivé dans une cave avec un verre à dégustation : quelqu'un a dit que je faisais le malin. Le vin à cette époque on ne le dégustait pas, on le faisait, c'est tout» raconte-t-il. «Quand j'ai fait mon vin seul, je me suis dit que pour m'en sortir, il fallait que je le vende deux fois plus cher que mon père, qui le vendait, à 10 francs (1,52€). Mais pour le vendre à 20 francs il fallait que je fasse autre chose. Avec une idée qui m'a guidé, tout déstructurer pour tout reconstruire»

Les meilleures tables du monde

En quelques années, il se fait remarquer par ses vins qui bousculent les codes et par les grands noms de la viticulture qu'il va taquiner d'abord….puis rattraper. Au point qu'aujourd'hui on le retrouve dans le top dix des meilleurs vins du monde. Un autre secret ? «Non, pas de secret» répond Alain Brumont, «mais du travail, beaucoup de travail».Traité au mieux d'illuminé, au pire de fou quand il a commencé avec ses 17 premiers hectares, il n'a eu de cesse que de viser l'excellence. «La seule issue, c'est la qualité, c'est vrai pour la viticulture comme pour le reste», répète-t-il en revendiquant sa fierté d'appartenir à «la région la plus riche au monde en produits gastronomiques».

Montus et Bouscassé sont devenus des lieux de pèlerinage et de culte pour les jeunes générations de viticulteurs. L'un d'eux confiera après être venu présenter ses vins : «En l'écoutant, j'ai gagné dix ans».

C'est aussi l'autre facette d'Alain Brumont : après avoir été prophète et visionnaire d'une viticulture d'exception, être une locomotive pour tirer une génération de viticulteurs vers le haut... «Oui, il n'y a que cette issue», sourit-il.


Rien n'est laissé au hasard. De l'eau, puisée directement à la source pour sa pureté et pour être sûr de ne pas abîmer le raisin, à la plantation en rangs serrés ou l'orientation des vignes, jusqu'au nombre de grappes par pied elles-mêmes sculptées à la main au plus fort de l'été, à la manière d'un tailleur de diamant. Ce calibrage calculé produit des résultats immédiats : mûrissement homogène et plus rapide, vigne et sols qui se fatiguent moins, intervention de l'homme réduite : «je règle chaque grappe (soit plus de 18 millions par récolte) avec la même précision qu'un moteur de Formule Un» note Alain Brumont qui a détecté aujourd'hui une soixantaine de très bons vignerons dans le Sud Ouest. Qu'il engage à suivre le chemin de l'excellence.

Sébastien Dubos



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