ArnaudV a écrit :Je pense que tu te fais trop de nœud au cerveau Seb.
Un non amateur c'est quelqu'un qui boit du vin comme il boit du jus d'orange, du schweppes ou du coca-cola. Une majorité écrasante de gens boivent du vin sans humer le nez ni même regarder la robe. Le vin est bu à grande gorgée comme du coca-cola sans même se poser la question si c'est bon.
Ok, c'est donc ce type de personne que tu nommes "non amateur".
A te lire, j'ai le sentiment que tu parles des étudiants qui se dépouillent autour d'un feu de camp sur la plage, des cadres stressés au restaurant à midi qui torchent leur quart de vin avant de retourner au taf ou pire des buveurs de ballon au comptoir usés par 45 ans de bibine.
C'est pas un peu clichés tout ça? Personnellement, quand j'ouvre des vins, les gens (familles ou amis) ne les boivent ni cul sec ni sans conscience minimale: ils émettent leur avis par un bon ou pas bon, agréable ou pas agréable, voire très bon.
C'est donc pour cette raison que nous cherchons des vins communs, de grande production, faciles à boire, fruités, assez corsés pour reprendre des termes de non amateurs (voire même "fort en bouche" devrais-je dire).
Par exemple je n'ouvrirai pas une GDP ou une bouteille de Jamet à des gens qui ne connaissent pas le vin car ils ne l'apprécieraient pas à leur juste valeur et ce serait gâcher.
Parce que tu penses qu'une GDP n'est pas "facile à boire"?
Un Rybeyrenc de Navarre est un vin rare, d'un cépage rare avec une esthétique rare et pourtant il a été très apprécié en soirée par des gens qui aiment le vin, le boire, et qui n'étaient d'ailleurs pas dans les meilleurs conditions pour l'apprécier...et pourtant.
Un vin facile, fruité, corsé, fort en bouche, tout ça est un peu antinomique et regroupe en fin de compte tous les vins produits. D'ailleurs une jeune syrah nord rhodanienne est un vin facile sur les épices et non les fruits
Enfin tu penses que les gens ( qui exactement?) ne seraient pas capables d'apprécier une GDP à sa juste valeur. Mais c'est quoi " apprécier à sa juste valeur" si ce n'est l'apprécier comme on l'aime? Tu penses que si je donnes une GDP a un novice il ne sera pas capable de s'extasier ou être surpris par la qualité ou par un défaut (cf. le 2008 bu ensemble récemment)?
Tu sous estiment les "non buveurs".
Alors je comprends qu'il y existe une population de personnes non-amateurs curieuses et ouvertes qui pourrait apprécier. Mais cette frange de la population est largement minoritaire.
A des non-amateurs je peux aller jusque Clos des Grives de Combier. Ce qui est déjà du très lourd je pense.
Mais servir un vin rare et très cher à un non-amateur est une ineptie car le rare et cher ne pourra jamais être valorisé dans leur jugement.
Voilà, on y arrive.
Encore une fois, 95% des personnes avec qui je bois du vin, sont tout à fait conscients. Ils mangent de la viande comme il boive du vin. Ils ne sont pas déconnectés de ce qu'ils font. Une viande trop cuite, un vin trop tannique, ils émettent leur avis comme toi ou moi et parfois même ils sont beaucoup plus pertinents car moins endoctrinés par certaines croyances.
Pourquoi veux-tu que le prix ou la rareté d'un vin soit valorisé??!! Les gens ne boivent pas du vin pour satisfaire tes attentes de spéculateur fan

. Ils jugent un Haut Brion comme ils jugent un Pampres de Mas Laval...et ils ont bien raison, contrairement à nous, qui sommes totalement dans l'hystérie subjective du vin digne ou indigne du novice.
Ca reste du raisin fermenté, bien fait ou pas, aimé subjectivement ou pas. Qu'il soit à 200€ ou 10€, l'approche est la même. On le boit et on en profite ou pas.
Exemple : je te sers un Raveneau, tu vas avoir les yeux qui brillent rien que de savoir que c'est du Raveneau. Je le sers à quelqu'un qui connait rien ... il va s'en cogner complètement. Et il ne manquerait plus que la bouteille soit bouchonnée ou dans une mauvaise phase et là ce serait le pompon pour le non-amateur.
Il y aurait des vins pour ceux qui s'en cognent et d'autres pour ceux qui s'en cognent pas. Tu peux aussi faire confiance à ton voisin de table qui boit du vin avec son plat et qui sera prompt à la discussion car le repas sera excellent. Qu'il sache si c'est du Raveneau ou du Dagueneau peu nous en cogne, si?
Sauf si évidemment, ton but est d'intellectualiser avec lui ce que tu bois et partir sur une discussion technique et organoleptique. Mais là, je crains que tu bois et n'ouvre un vin avant tout pour toi et que tu es responsable de cette situation. Ton convive n'y est pour rien, lui qui peut ou aurait pu apprécier un Parisy comme un Rayas.
En plus il n'y a pas que le public à prendre en compte il y a aussi le contexte. Dans un contexte de barbecue avec des non-amateurs, je vais plutôt partir sur des grosses productions de vins à boire sur le fruit comme Tour de Pierre de Ermitage de Pic Saint-Loup en magnum plutôt que sur une verticale de DRC ... Ça tombe sous le sens !
Après si je fais un barbecue avec des gens comme vous je pourrais envisager une autre sélection car vous serez en mesure (à priori) de l'apprécier à sa juste valeur

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Tu prends des cas extrêmes pour justifier un comportement d'amateur fétichiste. Je comprends, je suis sans doute pareil, mais en voie de guérison
Le Barbecue, en soi, ne signifie rien. Fais un BarbeuK avec des cotelettes d'agneau, avec 5 convives non amateurs mais un minimum curieux du goût du vin, et ton exemple est caduque.
Fais-le avec 23 fous furieux de l'alcool dont le but est d'être murgé en un temps record, avec des sardines grillées, et là effectivement, inutile de sortir des GDP.
Enfin bon, en général, les gens ont un palais, et sont capables d'apprécier un bon gâteau, une bon poisson bien cuit et un bon vin
